Ce que j’ai vraiment vécu en testant gels et solides en trail montagneux par grand froid et grosse chaleur

mai 29, 2026

Au Pré de Madame Carle, j'ai ouvert un gel glacé avec des doigts raides, et le sachet a grincé sous mes gants. Le vent m'a fouetté la joue, puis j'ai croqué une barre sortie du sac la veille, dure comme une tuile. Deux heures plus tard, sur une montée exposée à 32 °C, j'ai refait le même test avec les mains humides et le souffle déjà haut. J'ai voulu voir ce que le froid et la chaleur faisaient à la prise en bouche, à l'ouverture et à mon estomac.

Comment j’ai organisé mes sorties pour confronter gels et solides au froid et à la chaleur

Pendant 5 sorties, j'ai alterné gel et solide sur des boucles de trail entre 1 200 m et 1 950 m. J'ai eu deux départs à 2 °C, une sortie à 32 °C, puis deux sorties plus douces autour de 11 °C. J'ai couru les plus courtes en 2 heures, et les plus longues en 3 heures, avec une montée raide au milieu et un replat pour manger. J'ai pris mes premières bouchées à 40 minutes, puis j'ai gardé des prises plus tardives quand la pente se durcissait.

J'ai emporté trois gels GU Energy, une pâte de fruit Decathlon et deux barres Clif Bar. Les gels tenaient bien dans la poche du gilet, mais la languette glissait quand mes mains étaient mouillées. La barre se cassait déjà au bout de quelques kilomètres, et j'ai retrouvé des miettes dans la poche latérale. J'ai regardé surtout la texture, le goût et la facilité d'ouverture, pas la fiche technique du paquet.

Je voulais mesurer trois choses, et je les ai notées à chaque sortie : ma tolérance digestive, le temps perdu à ouvrir, et ma capacité à avaler en montée raide. J'ai aussi surveillé le moment où la texture changeait avec le froid ou la chaleur, parce que c'est là que mon rythme casse. Quand je prends un gel, je regarde ma gorge dans les 10 minutes qui suivent. Quand je prends du solide, j'écoute mon ventre dans la descente suivante.

Je cours le trail depuis plusieurs saisons, et je garde un carnet depuis l'hiver dernier pour noter ce que je prends dans les montées. J'ai appris à me méfier des produits qui passent au plat et qui se transforment dès que l'inclinaison monte. J'avais aussi relu une fiche officielle sur l'hydratation sportive avant ces sorties, surtout pour ne pas sous-estimer le besoin d'eau après un gel. Je pars tôt, et je préfère des essais simples à des promesses trop propres.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas en plein froid avec les barres

À 2 °C, au-dessus de 1 200 m, j'ai vu la cristallisation des sucres dans la barre au-dessous de 5 °C. La première bouchée a cassé net, puis j'ai mâché des miettes sèches en essayant de garder mon souffle. J'ai dû m'arrêter deux fois dans la montée, parce que la barre me demandait plus d'attention que le sentier. Au lieu de me nourrir, elle m'a ralenti et j'ai senti mon effort se fragmenter.

J'ai vu la texture se dégrader avant même la fin du sachet. La barre devenait cassante, presque sableuse, et les petits morceaux collaient au palais au lieu de fondre. Le froid laissait aussi un bord sec qui se fendait dans les doigts, puis des miettes restaient dans la poche du gilet. Les gels, eux, restaient plus fluides, mais je sentais déjà qu'ils épaississaient un peu.

Le plus pénible, pour moi, a été l'ouverture. J'avais les doigts engourdis, le sachet collait à mes gants, et le petit capuchon a failli tomber dans la neige. J'ai gardé le bruit du papier très bas dans le vent, parce que je savais que je galérerais à le rouvrir plus tard avec mes mains raides. Après un gel pris sans boire dans les 8 minutes, ma gorge est devenue râpeuse et mon estomac s'est chargé. J'ai senti un début de ballonnement avant la descente.

Le gel m'a paru plus simple à avaler que la barre, mais j'ai eu la bouche gommeuse après deux prises d'affilée. J'ai bu juste après la seconde, et ça m'a aidé, sans effacer cette salive épaisse qui restait au fond de la gorge. J'ai compris, un peu tard, que le gel ne me pardonnait rien quand je zappais l'eau. Sur cette sortie, j'ai fini par le prendre avant la pente, pas dedans.

La surprise inattendue en pleine montée exposée sous 32 °C avec les gels

À 32 °C, sur la montée du Pas de l'Ours, mes mains moites ont collé au gel dès l'ouverture. J'ai dû tirer sur la languette avec les dents, et le sachet m'a laissé les doigts luisants. Le capuchon a glissé une fois dans l'herbe, puis je l'ai récupéré en jurant un peu. En plein soleil, j'ai senti que le gel passait de prise rapide à petit objet collant, et je n'avais plus du tout envie de jouer avec l'emballage.

La viscosité m'a sauté au visage. J'ai senti le gel plus épais, presque pâteux, et j'ai eu du mal à refermer le sachet proprement. Après deux gels, ma bouche est devenue gommeuse, et j'ai dû boire plus que prévu pour enlever cette couche sucrée. Le sucre me collait au palais, puis je sentais le reste descendre lentement, pas d'un coup.

Au deuxième gel, j'ai senti une petite nausée et ma salivation est devenue dense. J'ai ralenti de quelques minutes sur la pente, parce que mon souffle montait déjà haut et que je n'avais aucune envie de recracher. Le pic d'énergie est venu vite, puis j'ai senti un creux net derrière. Une fois, j'ai mordu dans une barre juste avant un ressaut rocheux, et j'ai senti mon souffle se casser en même temps que la mastication.

Face à ça, j'ai trouvé la barre plus rassasiante, même si la mâche devenait lourde à 32 °C. Elle se ramollissait, puis collait aux dents, mais je sentais mon ventre tenir plus longtemps qu'avec deux gels. J'ai préféré garder le solide sur une portion roulante, puis reprendre le gel au moment où la pente se redressait. Ce basculement m'a paru plus stable pour mon allure.

Ce que j’ai retenu après ces 5 sorties entre froid et chaleur, gels et solides

Après ces 5 sorties, j'ai vu un schéma net : en montée raide, le gel passe mieux que la barre, mais seulement si je bois juste après. Le solide me cale davantage sur 2 ou 3 heures, et je le supporte mieux au départ ou dans une traversée roulante. Quand je laisse passer 40 minutes de trop, mon énergie chute d'un coup et mes jambes deviennent molles. J'ai noté ça deux fois, et la sensation ne trompe pas.

  • J'ai attendu d'avoir faim, puis j'ai perdu le rythme dans la montée suivante.
  • J'ai testé une nouvelle barre le jour même, et j'ai eu un goût écœurant avec un ventre lourd.
  • J'ai pris un gel sans boire dans les 8 minutes, et ma gorge est devenue râpeuse.
  • J'ai mangé du solide trop près d'un passage technique, et mon souffle s'est cassé.
  • J'ai sous-estimé le froid, et la barre est devenue cassante dans la poche du gilet.

J'ai gardé une règle très simple pour mes prochaines sorties : gel dans la montée longue, solide dans les portions où je peux mâcher sans lutter. Quand j'ai fractionné les prises en petites bouchées avec quelques gorgées d'eau, mon ventre a mieux tenu et j'ai eu moins d'écœurement. J'ai aussi alterné les goûts, parce que deux gels identiques d'affilée me fatiguent plus vite que je ne l'aurais cru. Sur mes sorties, cette alternance m'a donné le meilleur équilibre dès que je fractionnais les prises et que j'anticipais avant la pente.

J'ai aussi testé une compote et quelques fruits secs sur une courte boucle, et la compote m'a paru plus simple à avaler au sommet, quand le vent m'a refroidi les mains. Je ne les ai pas poussés sur une grosse sortie, donc je ne tire pas de règle générale de ce petit essai. Quand mes troubles digestifs se répètent, je garde en tête la fiche Mpedia sur les troubles digestifs en sport, et je passe à autre chose si mon ventre réagit de travers.

Mon verdict après 5 sorties : ce qui marche vraiment en montagne selon la température

Sur mes 5 sorties, j'ai pris 5 gels au total et 4 portions de solide, avec 2 épisodes nets de gorge râpeuse, 1 bouche gommeuse marquée et 1 vraie nausée légère après le deuxième gel en chaleur. J'ai aussi vu que le gain d'énergie arrivait vite avec le gel, mais que ce gain me coûtait plus cher quand je n'avais pas bu. Le solide m'a laissé un ventre plus posé sur la durée, mais j'ai perdu du temps dès que la pente est devenue cassante. J'ai mesuré ce basculement à chaque passage raide, et je n'ai pas eu de doute sur le terrain.

En froid, j'ai trouvé les gels plus commodes. Je les sortais sans lutte, alors que la barre se cassait dans la poche du gilet et laissait des miettes sur le tissu. Le prix à payer, chez moi, c'était la salive épaisse et la gorge râpeuse dès que je zappais l'eau. Quand je gardais la barre, ma progression ralentissait et je mâchais en respirant mal, ce qui m'a coupé deux montées.

En chaleur, j'ai inversé mon ordre. J'ai gardé le solide au début, puis le gel dans la partie la plus raide, et mon estomac a mieux tenu. Les gels pris d'affilée m'ont laissé une bouche gommeuse et un creux derrière le pic d'énergie, alors que la barre me rassasiait plus longtemps malgré la mâche pénible. Dans mes jambes, le timing a pesé plus lourd que la marque.

Au Pré de Madame Carle et sur la montée du Pas de l'Ours, j'ai fini avec une règle simple pour moi : je prends le gel quand le souffle est déjà haut, puis je bois tout de suite, et je garde le solide pour les portions où je peux mâcher sans me battre. Pour quelqu'un qui accepte de fractionner et d'anticiper avant la pente, cette alternance m'a donné le meilleur équilibre. Je termine ce test là-dessus, sans détour : en montagne, la température a changé ma manière de manger autant que mon allure.