J’ai testé deux pressions de pneus tubeless sur le sentier du Puy de la Vache, et le pneu avant s’est mis à chercher sa ligne dans la caillasse humide. Depuis la région de Clermont-Ferrand, je suis parti 1h10 en direction de ce terrain pour ce test, avec ma compagne, sans enfants. En tant que rédacteur spécialisé en sports de montagne pour magazine indépendant, j'ai voulu vérifier ce que change un réglage différent devant et derrière. J’étais sûr de moi au départ, puis j’ai été frappé par le petit flottement sur les racines.
Comment je me suis organisé pour tester ces pressions sur le même parcours
J’ai calé mes sorties trois fois par semaine, toujours sur le même sentier du Puy de la Vache, avec des boucles de 1h30, 1h42 et 2h. Je partais après la pluie puis sur un sol sec, parce que j'avais besoin de deux ambiances nettes. Depuis la région de Clermont-Ferrand, je suis parti 1h10 en direction de ce terrain pour ce test, avec ma compagne, sans enfants. Je voulais éviter le réglage fait au parking et regarder le vélo dans la vraie caillasse.
J’ai utilisé mon Trek Fuel EX 8 de 2019 avec des pneus Maxxis Tubeless Ready en 2,4 pouces, montés en gomme intermédiaire. J’ai contrôlé chaque gonflage avec un manomètre précis à 0,05 bar près, puis j'ai noté mes valeurs avant chaque départ. Depuis ma Licence STAPS mention entraînement sportif (2010), je regarde ce réglage comme un couple terrain-roue, pas comme un simple chiffre sur une pompe. Mon travail de Rédacteur spécialisé en sports de montagne pour magazine indépendant m'a appris à ne pas me fier au premier tour de roue.
Je me suis aussi appuyé sur ma Formation continue en sécurité en montagne auprès de la Fédération Française des Clubs Alpins (2015). La FFCAM m’a remis en tête une idée simple : je garde toujours une marge quand le sol devient piégeux. Je voulais vérifier le grip devant, la stabilité derrière, les petits burps après une compression et la fatigue dans les mains. Je voulais aussi voir si régler les deux roues pareil avait un sens ou si je me contentais d’aplatir les différences.
On vit à deux, ma compagne et moi, donc j'ai pu faire ces essais sans courir entre deux obligations. Je note mieux quand je peux comparer la même pierre, le même virage et la même vitesse d'entrée. Je ne cherchais pas un score, j'ai cherché un ressenti net sur la même boucle. La pression devait parler à la roue, pas au parking.
Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas avec la même pression devant et derrière
Je suis parti avec 1,4 bar devant et 1,4 bar derrière, parce que j'étais sûr de moi. Dans la montée racinée, j'ai vu la roue avant chercher sa ligne dès que le sol devenait humide. À pression plus basse, le pneu épouse mieux le relief sur racines humides et dalles en montée technique, mais là je sentais déjà la limite. Le flanc travaillait plus que je ne l'avais prévu, et le guidon réclamait des micro-corrections.
Dans la descente caillouteuse, j'ai été frappé par la différence entre les deux roues. Devant, j'ai senti un flou au guidon, avec une carcasse qui s'écrasait dans les appuis. Derrière, le pneu tapait sur les pierres, et je me suis senti secoué jusque dans les jambes. Cette sensation m'a fait penser à une pression trop haute, même si le chiffre restait identique des deux côtés.
Le tournant est arrivé sur une marche en pierre en dévers. J’ai entendu ce pschitt sec et bref juste après avoir posé la roue avant sur la marche en dévers. C’est là que j’ai compris que 1,4 bar était trop bas devant. Le vélo s'est déformé dans l'appui, et je me suis retrouvé à lever le pied avant la suite du passage. J'ai regonflé de suite, puis j'ai noté que le petit burp venait d'un appui violent de travers.
Au retour, j’ai lavé le vélo et j’ai vu des traces de préventif sur les flancs. Le pneu avait travaillé fort, avec ce côté un peu gras qui reste après un déjantage partiel. J’ai aussi compris que régler les deux roues à la même pression sans tenir compte de leur rôle respectif me faisait perdre du temps. Sur ce sentier pierreux, descendre trop bas en pression pour gagner du grip m'a surtout donné un avant trop mou.
Trois semaines plus tard, après avoir ajusté les pressions séparément
Trois semaines plus tard, j’ai remonté l’arrière à 1,6 bar et j’ai gardé l’avant à 1,3 bar. J'ai choisi cet écart après avoir vu que 0,2 bar derrière calmait les burps sans tuer le grip devant. Je me suis aussi appuyé sur ma Formation continue en sécurité en montagne auprès de la Fédération Française des Clubs Alpins (2015). Je préférais un vélo un peu moins joueur, mais plus net dans les compressions.
En montée, j'ai vu l'avant épouser mieux le relief sans perdre en précision. La roue lisait les petites pierres, et je n'avais plus cette sensation de guidon qui flotte. Derrière, la motricité restait propre, et l'arrière tapait moins sec sur les marches. Je suis resté sur la même cadence, pour sentir le changement sans tricher avec mon effort.
En descente, j'ai été convaincu par la stabilité retrouvée. J'ai senti moins de vibrations dans les bras, et j'ai pu garder mes freinages plus bas dans les virages serrés. Les burps ont disparu sur les grosses compressions, et le vélo gardait mieux sa ligne. Je suis rentré plus frais, avec moins de corrections au guidon dans les épingles.
J'ai quand même tenté 1,2 bar devant pour voir si le grip gagnait encore un cran. En baissant à 1,2 bar devant, j’ai senti la roue se déformer brutalement dans un virage serré, puis ce petit pschitt qui m’a forcé à m’arrêter pour regonfler, un vrai coup d’arrêt. Après ce passage, je me suis senti moins confiant, parce que l'avant devenait trop souple et la trajectoire demandait trop d'attention. J'ai remis un peu d'air et j'ai gardé cette tentative comme une limite claire, pas comme une piste à suivre.
Mon verdict sur ces réglages et à qui ça peut vraiment servir
Au final, j'ai vu un schéma très net sur le Puy de la Vache. Une pression basse m'a donné plus de grip et de confort, mais aussi plus de risque de déjantage et de flou au guidon. Une pression haute m'a rendu le vélo plus sec, avec moins de contact sur les racines et plus de fatigue dans les mains. Le vrai point de bascule tenait à peu de chose, par moments 0,1 bar, par moments 0,3 bar.
Je ne prétends pas que ce réglage marchera pareil ailleurs, parce que je n'ai testé qu'un seul vélo, un seul sentier, et mon propre poids. Je ne sais pas si une autre carcasse, une autre jante ou une autre gomme te donnera la même réponse. Pour une combinaison plus pointue, je passe par un atelier, car je préfère vérifier calmement que bricoler au hasard. La FFCAM m'a servi de cadre de prudence, pas de recette figée.
Je le conseille à quelqu'un qui accepte de faire deux ou trois essais sur le même passage et de noter ses pressions. Pour un pilote qui veut rouler sans se compliquer la tête, j'ai trouvé qu'une pression identique des deux côtés reste plus simple, même si elle m'a moins plu. Sur ce trajet, avec ma compagne, sans enfants, j'ai pu tester sans pression de temps, et ça a rendu mon verdict plus propre. Sur le Puy de la Vache, j'ai gardé 1,3 bar devant et 1,6 bar derrière, et c'est ce duo qui m'a laissé le meilleur compromis.


