J’ai testé l’autonomie réelle d’un gps dédié et d’un smartphone pendant 12 heures de rando

juin 2, 2026

Au parking du Col de la Forclaz, le vent froid mordait mes doigts quand j’ai vérifié mon GPS dédié et mon smartphone, tous les deux à 100 %.

J’ai serré les bretelles, puis j’ai lancé la trace avant de quitter l’aire de stationnement à 8h. J’ai regardé la pente, la lumière grise et la brume qui traînait sur les crêtes. Je voulais tenir 12 heures sans batterie externe, avec photos, carte et navigation en marchant.

Ce que j’ai fait pour mesurer l’autonomie sur le terrain

J’ai suivi un itinéraire en boucle avec 1 420 mètres de dénivelé positif, entre alpages, forêt et crêtes ouvertes. Le départ était à 8h, avec 4 °C au parking et un vent qui me piquait les mains. Après le premier verrou, j’ai senti la montée me mettre en chauffe très vite. J’ai marché 5 heures 20 avant la grande descente, en gardant un rythme calme et sans longues pauses.

J’ai utilisé un Garmin eTrex 32x et un Samsung Galaxy S23, avec Komoot d’un côté et Strava de l’autre. J’ai désactivé les données mobiles sur le téléphone, puis j’ai téléchargé la carte la veille. J’ai laissé le mode avion, sauf pour quelques vérifications au départ, et j’ai gardé la luminosité automatique sur le smartphone. Sur le GPS, j’ai laissé l’enregistrement de trace normal, avec l’écran éteint la plupart du temps.

Je voulais comparer l’autonomie réelle sans batterie externe, pas les chiffres imprimés sur la boîte. J’ai regardé l’effet de l’écran allumé, des photos et d’une consultation rapide de la carte à chaque croisement. J’ai aussi voulu voir ce que le froid faisait à la jauge, parce qu’en montagne je l’ai déjà vue mentir dès la fin de matinée.

Je n’ai pas fait semblant d’être plus discipliné que d’habitude. J’ai sorti les appareils comme je le fais en sortie normale, avec des photos aux sommets, une vérification de trace aux bifurcations et un coup d’œil au dénivelé restant. Cette façon de faire m’intéressait plus qu’un test en laboratoire, parce que j’ai déjà vu mes estimations de batterie mentir en vrai.

La journée où j’ai vu la batterie fondre sur le smartphone

Après 1h40, mon téléphone était déjà à la quasi-totalite, alors que mon GPS restait presque plein. J’ai allumé l’écran six fois pour vérifier la trace, et j’ai pris deux photos au même belvédère. J’avais aussi laissé la musique pendant la montée, et j’ai vu la jauge baisser plus vite à chaque réveil d’écran. Chaque vibration de notification réveillait l’écran, puis je voyais le rétroéclairage rester un cran trop fort, même sous les premiers sapins.

Entre 10h12 et midi, j’ai vu la batterie passer de la majorite à un tiers environ en moins d’une heure. Je n’avais fait que trois photos et consulté la carte deux fois. J’ai compris que l’utilisation prolongée du smartphone pour la navigation, les photos et la musique faisait chuter la batterie plus vite que prévu.

Au col, vers 1 980 mètres, la jauge a sauté de un tiers environ à un tiers environ pendant une pause de 9 minutes. J’ai remis le téléphone au chaud dans ma poche, puis la lecture est remontée de quelques points plus tard. Ce saut m’a surpris, et j’ai compris que la température comptait autant que la capacité affichée. J’avais déjà lu des chiffres bizarres sur les batteries, mais je l’ai vu devant moi, avec le vent qui me coupait les doigts.

J’ai coupé les notifications, réduit la luminosité d’un cran et fermé Strava en arrière-plan. J’ai aussi vérifié que la carte était bien chargée en local, parce que mon premier essai avait recalculé deux fois au même carrefour. J’ai senti que le téléphone respirait mieux après ces réglages, mais le rétroéclairage restait encore visible dans les sous-bois. J’ai pensé à ma batterie externe de 10 000 mAh, mais je voulais voir la journée sans câble.

Fin d’après-midi, j’ai sorti le téléphone au mauvais moment, juste après une clairière exposée. J’ai vu le seuil critique arriver, et j’ai dû choisir entre continuer la navigation ou garder de la batterie pour le retour. À ce moment-là, j’ai arrêté de lui demander les mêmes services qu’au départ, parce que chaque allumage me coûtait trop cher.

Le GPS dédié, un autre monde pour tenir 12 heures sur le sentier

À 4 heures de marche, mon GPS affichait la quasi-totalite. À 8 heures, j’étais encore à la majorite, et l’écran restait noir presque tout le temps. À 17h30, mon smartphone était déjà à une petite partie, et mon GPS affichait encore une bonne moitie de batterie. J’ai fini la sortie à une bonne moitie, sans avoir touché l’écran plus que cinq fois.

J’ai lu la distance et l’altitude sans sortir le téléphone de ma poche, ce qui m’a changé la vie dans la traversée ventée. Le GPS s’est déverrouillé vite, même avec mes gants fins, et je n’ai pas eu à pianoter sur un écran gelé. En plein soleil, j’ai vu le tracé sans plisser les yeux, et j’ai gardé le rythme sans pause inutile.

J’ai laissé la cartographie détaillée affichée pendant 31 minutes dans la montée raide, et j’ai vu la consommation grimper. Le boîtier a tiédi sous ma main, puis j’ai compris que l’écran fixe mangeait plus que la simple trace. Après être revenu à un affichage minimal, la descente de batterie s’est calmée. Ce détail m’a marqué, parce que j’ai senti la différence dès que j’ai cessé de faire défiler la carte.

Dans la vallée encaissée, sous les sapins, le signal a tenu mieux que sur mon téléphone. J’ai gardé l’enregistrement sans pause, et la navigation n’a pas décroché quand les parois se rapprochaient. J’ai même traversé un passage où mon smartphone hésitait, alors que le GPS continuait sa trace sans broncher.

J’ai apprécié cette régularité, parce qu’elle m’a laissé penser à autre chose qu’à la batterie. Mon téléphone me poussait à compter chaque pourcentage, alors que le GPS me laissait marcher. Sur 12 heures, j’ai senti un vrai écart de sérénité entre les deux.

Ce que j’en retiens pour moi et mes sorties longues

Mon verdict sur la navigation pure est net. J’ai vu le GPS tenir une journée entière avec une marge réelle, alors que mon smartphone devenait un objet à surveiller. Le froid et l’écran ont été les deux vrais voleurs, pas le kilométrage. Quand j’ai gardé l’appareil dédié en suivi simple, la consommation est restée très sage.

Le smartphone peut tenir, mais j’ai dû couper les données mobiles, télécharger la carte avant le départ et garder la luminosité au minimum. J’ai aussi compris qu’une batterie externe de 10 000 mAh reste un vrai filet, pas une magie. Sans cette discipline, j’ai vu la marge fondre dès les premières heures. Avec elle, j’ai retrouvé une marge acceptable, mais je devais rester attentif à chaque réveil d’écran.

Pour mes sorties longues au Col de la Forclaz, je réserve le smartphone aux photos et au secours, et je laisse le GPS dédié gérer la navigation. Sur cette journée, il m’a demandé moins d’attention que le téléphone, surtout quand la batterie du smartphone a commencé à chuter. Mon verdict final reste simple : le GPS dédié m’a laissé plus de marge, tandis que le smartphone m’a obligé à surveiller chaque pourcentage.